
Panneaux solaires bifaciaux : faut-il investir ?
Analyse des performances et rentabilité des panneaux solaires bifaciaux en conditions réelles. Lire la suite pour découvrir tous les détails sur ce sujet passionnant et essentiel pour votre carrière.
Sommaire
Le panneau solaire classique n’a qu’une face active : celle tournée vers le ciel. Le dos est recouvert d’une feuille opaque (backsheet). Le panneau bifacial, lui, capte la lumière des deux côtés. Gadget technologique ou véritable révolution ? Analyse.
Principe de fonctionnement
Un module bifacial utilise des cellules solaires actives sur leurs deux faces et remplace la feuille arrière opaque par du verre ou une feuille transparente.
- Face avant : Capte le rayonnement direct du soleil (comme un panneau standard).
- Face arrière : Capte le rayonnement diffus et surtout la lumière réfléchie par le sol (albédo).
L'importance de l'albédo
Le gain de production de la face arrière dépend directement de la capacité du sol à réfléchir la lumière. C’est ce qu’on appelle l’albédo.
- Neige fraîche : Albédo 80-90% (Gain énorme, jusqu’à +25/30%).
- Sable blanc / Toiture blanche : Albédo 60-70% (Gain très significatif, +15/20%).
- Béton clair / Gravier : Albédo 20-30% (Gain modéré, +5/10%).
- Herbe / Asphalte : Albédo faible < 10% (Gain négligeable).
Où installer du bifacial ?
- Au sol (Centrales) : C’est le terrain de jeu idéal. En surélevant les panneaux, on laisse la lumière passer dessous pour qu’elle se réfléchisse.
- Toitures plates (Terrasses) : Si le revêtement d’étanchéité est blanc (Cool Roof) et que les panneaux sont inclinés sur châssis, c’est très performant.
- Ombrières de parking : La lumière réfléchie par le sol et les voitures apporte un bonus.
- À éviter : En toiture inclinée résidentielle (intégration au bâti ou surimposition proche des tuiles), car il n’y a pas d’espace arrière pour la lumière. Le bifacial ne sert à rien si le panneau est collé au toit.
Surcoût vs Gain de production
Le prix des modules bifaciaux a considérablement baissé et est désormais très proche du monofacial (écart de quelques centimes par Watt). Le surcoût vient surtout de la structure de montage (qui doit éviter de faire de l’ombre à l’arrière) et parfois du câblage. Si le gain de production attendu est de 10% (sol clair) pour un surcoût global de 5%, l’opération est rentable. Le LCOE (coût de l’énergie produite) baisse.
Verdict : pour qui ?
Le bifacial est devenu le standard pour les grandes centrales au sol et les ombrières. Pour le particulier :
- Si vous avez une toiture terrasse blanche : OUI, foncez.
- Si vous faites une pergola solaire : OUI, en plus c’est esthétique (laisse passer un peu de lumière).
- Si vous posez sur tuiles classiques : NON, restez sur du monofacial performant.
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